Quiproquos Théâtre | La Fille ronde comme…
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LA FILLE RONDE COMME…

EN ÉCRITURE

Actuellement en période de production, création envisagée en 2020-21

Accepter son corps rond, apprendre à l’aimer, le regarder c’est le combat de La Fille Ronde qui a peur de devenir une grosse dame. 

Nous traverserons le monde intérieur de cette fille ronde qui cherche sa place dans cette société avec ses règles et ses codes pour se positionner face à ses pairs et le regard des adultes. 

Un intime qui surgit, des questions en bataille, des sentiments qui sont partagés avec tous pour réveiller et éveiller.

Les différences, la grossophobie, l’amitié, l’amour et le bonheur sont les sujets abordés de cette création.

ÉQUIPE ARTISTIQUE

Ecriture : Charlotte Talbot

Mise en scène : Julien Playe

Jeu : Sonia Cardeilhac & Charlotte Talbot

Création lumière : Dominique Pain

Dramaturgie : Laure Bonnet

A ce jour, l’équipe artistique et technique est en construction. étape par étape, nous réunissons les forces qui constitueront une équipe cohérente et compétente pour répondre aux enjeux artistiques du projet. 

Soirée #1 - Débat

Soirée #2 - Pièce Unique

ORIGINE DU PROJET

Depuis plusieurs années, je participe aux ateliers d’écriture de Laure BONNET, auteure associée de la Comédie Poitou-Charentes dirigé par Yves BEAUNESNE. Un projet d’écriture autour de la question des différences me tient à coeur depuis quelque temps. En 2017, j’engage un premier travail personnel dans le cadre de ses ateliers d’écriture « Passionnés ». Je me lance dans l’écriture d’un texte théâtral « La Fille ronde comme… »

Enfant, j’ai été une fille ronde et adulte une grosse dame. Accepter d’être obèse, reconnaître la maladie est un processus long que j’ai traversé. L’écriture, la fiction, le théâtre sont mes vecteurs pour partager mon regard simple sur la question.

Dans un second temps, j’ai souhaité inscrire ce projet d’écriture dans le cadre du dispositif Eclaircies de la DRAC Nouvelle Aquitaine, la DRAAF, et le rectorat de la Vienne. En résidence d’éducation artistique au sein de l’établissement pilote de la M.F.R. de Chauvigny d’octobre 2018 à février 2019, le noyau de l’équipe artistique se fédère autour de la thématique du spectacle.  

Associer la parole des jeunes à mon processus d’écriture. Donner à entendre mes écrits aux adolescents m’a permis de développer ma réflexion sur la thématique et récolter expériences et ressentis des jeunes sur ces questions liées aux différences. Réunir Julien Playe et Sonia Cardheilhac a été une évidence pour encadrer conjointement les ateliers de pratiques artistiques. La pédagogie est au coeur de nos réflexions. La somme de nos expériences avec différents publics nous a permis de créer et d’encadrer des ateliers transversaux et pluridisciplinaires. Nous sommes donc intervenus pour 150 personnes. 

Les Soirées des Bonnes Joues ponctuent cette résidence et permettent au public de découvrir des extraits du texte en chantier. Ces trois soirées permettent aux différents publics : acteurs de santé, personnels encadrants, référents du projet, équipe pédagogique et tous les participants : public jeune, parents, tout public de se retrouver autour de soirées culturelles. Les deux premières soirées participatives sont construites sous le signe de l’échange et du débat citoyen. La dernière clôture les sept semaines de résidence et présente l’aboutissement des ateliers de pratiques artistiques menés sur le territoire. 

A la genèse de la résidence Eclaircies, j’ai sollicité Julien Playe pour lui confier la mise en scène future de mon projet en écriture. L’exigence artistique, le professionnalisme et les multiples compétences de Julien sont les forces sur lesquelles je souhaite m’appuyer pour faire vivre La Fille ronde. Une fois le processus d’écriture finalisé, je remets le texte à Julien et toute la liberté lui est offerte pour nous donner à entendre les tourments de La Fille Ronde. 

Pour notre compagnie Quiproquos Théâtre, Julien Playe est un artiste privilégié avec lequel nous avons le plaisir de collaborer et co-construire des projets artistiques. Pour la seconde création théâtrale de la compagnie, nous avons toute confiance en sa sensibilité et son regard artistique. 

INTENTIONS

Cette histoire est très personnelle. Ce pourrait être par moments un journal intime, celui de cette fille ronde dont on entend la voix intérieure. Elle nous confie ses illusions et désillusions, nous livre ses souffrances, et nous parle de ses petites victoires. L’instant d’après, apparaissent des scènes de vie avec son entourage proche, sa mère, son amie, qui la culpabilisent, et avec celui dont elle est amoureuse. Il arrive que le cercle s’élargisse, les échanges se font avec d’autres membres de sa famille, ou des connaissances plus éloignées, tout aussi indélicates. Mais que ce soit une parole intime et profonde ou un propos plus général, en adresse au public, que l’on assiste à une conversation entre deux ou plusieurs personnages, il s’agit pour le spectateur de découvrir le cheminement de cette fille ronde sur ce plateau de théâtre, et d’en saisir l’évolution. 

La mise en scène s’attachera à ce que le spectacle pose des questions essentielles et résolument d’actualité. 

La fille ronde n’est pas tout à fait comme tout le monde et nous parle de sa différence. Le spectacle dépeindra la discrimination dont elle est victime. Elle, qui récolte toutes les railleries et irrespects des « autres ». Contrairement à l’entourage, ceux-là ne sont pas identifiés, ils sont des figures, des symboles. Ils sont « les petites voix » qui moralisent ou les « rigolos » qui se moquent. Alors sa différence l’éloigne t-elle des gens qui font partie de son environnement proche ou lointain? Quelle image se fait-on d’elle ?

Nous vivons dans une société où l’image est prédominante. Elle n’occupe plus simplement l’espace en s’affichant sur nos murs, nos panneaux publicitaires ou autres colonnes Morris, mais profite de la multiplication des supports : les écrans de télévisions bien sûr, les ordinateurs, les smartphones et tablettes. Elle est constamment relayée sur les réseaux sociaux. L’image est la représentation de quelqu’un ou de quelque chose. Dans l’art, elle est peinture, sculpture, photo, etc. C’est une illustration. Cette image est-elle le reflet de notre société ? Montre-t-elle toujours la diversité qui compose notre civilisation ou répond t-elle plus favorablement à des modèles relativement uniformes ? Les apparences sont-elles importantes aujourd’hui ?

Le corps – sa chair, sa sensualité – est constamment exhibé dans les images publiées à travers les publicités, les films ou au sein des réseaux sociaux. Alors comment se situe le corps de la fille ronde parmi toutes ces images  ? Sa différence la force à se confronter aux regards des autres, qui parfois peuvent-être guidés par des repères formatés. L’image, c’est aussi ce que renvoie le miroir. Mais si la fille ronde se raconte, c’est parce que le regard de l’autre la met face à son miroir, et la rend, elle aussi, dépendante de l’image qu’elle peut exposer. Reste t-elle prisonnière de son corps ou de son image ? Souhaite t-elle appartenir à un cliché fantasmé ou tente t-elle de faire disparaître les stéréotypes la concernant ? 

Mais le spectacle ne va pas tendre à démontrer qu’elle se raconte uniquement pour expliquer sa différence ; car différente, l’est-elle à ce point ? Ne témoigne t-elle pas d’une quête qui pourrait être celle de chacun d’entre nous, un accès concret à l’idée qu’on puisse se faire du bonheur. La mise en scène tentera de relater ces interrogations et le public aura toute liberté d’élaborer d’éventuels éléments de réponses. 

Julien Playe, Metteur en scène