Quiproquos Théâtre | La Fille ronde comme…
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LA FILLE RONDE COMME…

EN CRÉATION

Résidences de création artistique sur la saison 2020.21 à La Maison des Arts à Brioux-sur-Boutonne, à Pioggiola à l’ARIA Corse, à la Comédie Poitou-Charentes et à La Blaiserie à Poitiers

ÉQUIPE ARTISTIQUE

ECRITURE : Charlotte TALBOT

MISE EN SCÈNE : Julien PLAYE

JEU : Sonia CARDEILHAC & Charlotte TALBOT

Avec la participation de Thomas DAVAIL

DRAMATURGIE : Laure BONNET

LUMIÈRE : Dominique PAIN

VIDEO : Alexis BLITHIKIOTIS

COSTUME : Elodie GAILLARD

RÉGIE : Hervé GUYONNET

ILLUSTRATION : Nicolas FRANCESCON – Nikao

 

Dossier de production et fiche technique accessible sur demande.

RÉSIDENCE #1

SOIRÉE BONNES JOUES #1 / DÉBAT

SOIRÉE BONNES JOUES #2 / PIÈCE UNIQUE

SOIRÉE BONNES JOUES #3

La Fille Ronde comme… comme quoi ? Dans le regard des autres, elle se voit énorme. Accepter son corps rond : un combat. Apprendre à l’aimer : un combat. Le regarder : un combat. La Fille Ronde est une battante.

Comment trouver sa place quand les chaises avec accoudoirs s’attachent à vous et vous suivent de près au moment où vous vous levez ? Ne croyez pas que ça lui est égal. Bien sûr qu’elle a peur de devenir « la grosse dame ». La Fille Ronde se bat avec ses émotions, elle les retient pour garder la tête haute. Elle les cache pour se rendre invisible. Elle doit se protéger de tous ceux qui ont beaucoup à dire sur ce qu’elle devrait faire et sur ce qu’elle devrait être. Elle seule peut décider et choisir comment vivre avec.

Les différences, la grossophobie, l’amitié, l’amour et le bonheur sont les sujets partagés avec tous pour réveiller et éveiller. Création de la compagnie Quiproquos Théâtre, accessible à partir de 7 ans.

DIFFUSION

2021 février – Jeudi 25 février à 19H30 et vendredi 26 février à 20H30 – Premières représentations dans le cadre des Soirées de La Montgolfière – CSC La Blaiserie – Poitiers (86)

2019 – Résidence d’éducation artistique Eclaircies – Chauvigny (86)

RÉSUMÉ

La Fille Ronde comme… comme quoi ? Elle-même ne le sait pas, elle ne réussit pas à se définir, à se comparer, à s’identifier à ses pairs. Dans le regard des autres, elle se voit énorme, bien plus ronde qu’elle ne l’est sans doute. Comment accepter un corps qui reçoit jour après jours des petites piques froides ? Les piques des petites voix du dehors, celles qui murmurent dans la cour, dans la rue, dans les journaux, la voix commune, ce qui se véhicule, ce qui se dit et celles qui restent dans la tête. Les piques des autres enfants, de la voisine, de la tante. Et puis la grosse voix du médecin, autoritaire. Entre elle et les piques, sa maman tente de s’interposer, d’adoucir, mais elle prend des coups, elle aussi. Elle est gardienne des interdits, d’un côté, ses qualités de mère seront jugées socialement à sa capacité à faire appliquer les restrictions, et de l’autre côté elle est déchirée par son cœur de mère pour qui le vrai objectif est que son enfant soit heureuse. Soit la moins malheureuse possible.

La Fille Ronde comprend de jour en jour qu’elle va devenir grosse. Beaucoup ont à dire sur ce qu’elle devrait faire. Sur qui elle est. Sur ce qu’elle est. Mais elle seule peut décider et choisir comment vivre avec. Très jeune, elle commence à apprendre cela. Elle ne veut pas vivre repliée sur elle-même. On ne peut pas lui enlever son sourire et jamais personne ne l’effacera. C’est là que réside la force de La Fille Ronde, elle sait savourer les petites choses de la vie. L’appétit, ça ne s’arrête pas à la nourriture. Quand on a de l’appétit, on a aussi faim de rencontres, de jeux, de nouveautés. On aime ce qui est savoureux, ce qui est généreux, ce qui est riche, ce qui est délicieux. La Fille Ronde est joyeuse, mais au quotidien, plusieurs objets lui rappellent qu’elle ne fait pas partie de la norme : le bureau de l’école, la robe rouge qu’elle aimait tant et dans laquelle elle ne rentre plus, la ligne noire sur le carnet de santé.

Il faut aussi lutter, au quotidien avec tout ce qui est interdit. Et supporter ce qui est recommandé. Passer de l’un à l’autre avec un incessant va-et-vient entre la culpabilité face aux « moments de faiblesses », et la gratification quand on arrive à tenir le coup. Mais on ne peut pas toujours être fort. Et quand ça ne va pas, on a besoin de réconfort, et quoi de plus réconfortant qu’une tartine de Nutella ? Et bien, cinq ou six tartines sont plus réconfortantes qu’une seule misérable pauvre petite tartine dont on n’a même pas le temps de bien sentir le goût. 

Elle se bat alors avec ses émotions. Elle les retient pour garder la tête haute, et les cache pour se protéger. Pour préserver sa maman, pour ne pas lui faire de la peine, une maman qui à force de prendre des précautions pour la protéger se fait mal. Pour se protéger de ses amis, et de tous les autres qui lui demandent de faire efforts. Pour se rendre invisible. Invisible. Passer de trop visible à invisible. Porter des vêtements qui n’attireront pas l’attention. Croiser les doigts pour ne pas passer au tableau. Et en grandissant, être invisible aux yeux des garçons. Elle le sait, elle doit se blinder : elle n’a pas le droit de s’émouvoir. On est bien d’accord, les garçons ne sortent pas avec des filles comme La Fille Ronde. 

À travers une succession de petites scènes du quotidien, ce texte permet une visite dans l’âme d’une jeune fille au seuil de l’adolescence, pour qui le corps pose plus de questions qu’à la moyenne, voire qu’à la norme. Il porte l’espoir de créer une empathie qui permette d’assouplir un peu la dureté du regard social qui se porte sur les filles, les garçons, les parents, qui reçoivent comme des claques les phrases si banales du type « Perdre du poids, c’est simple, c’est juste une question de volonté ! ».

INTENTIONS

Cette histoire est très personnelle. Ce pourrait être par moments un journal intime, celui de cette fille ronde dont on entend la voix intérieure. Elle nous confie ses illusions et désillusions, nous livre ses souffrances, et nous parle de ses petites victoires. L’instant d’après, apparaissent des scènes de vie avec son entourage proche, sa mère, son amie, qui la culpabilisent, et avec celui dont elle est amoureuse. Il arrive que le cercle s’élargisse, les échanges se font avec d’autres membres de sa famille, ou des connaissances plus éloignées, tout aussi indélicates. Mais que ce soit une parole intime et profonde ou un propos plus général, en adresse au public, que l’on assiste à une conversation entre deux ou plusieurs personnages, il s’agit pour le spectateur de découvrir le cheminement de cette fille ronde sur ce plateau de théâtre, et d’en saisir l’évolution. 

La mise en scène s’attachera à ce que le spectacle pose des questions essentielles et résolument d’actualité. 

La fille ronde n’est pas tout à fait comme tout le monde et nous parle de sa différence. Le spectacle dépeindra la discrimination dont elle est victime. Elle, qui récolte toutes les railleries et irrespects des « autres ». Contrairement à l’entourage, ceux-là ne sont pas identifiés, ils sont des figures, des symboles. Ils sont « les petites voix » qui moralisent ou les « rigolos » qui se moquent. Alors sa différence l’éloigne t-elle des gens qui font partie de son environnement proche ou lointain? Quelle image se fait-on d’elle ?

Nous vivons dans une société où l’image est prédominante. Elle n’occupe plus simplement l’espace en s’affichant sur nos murs, nos panneaux publicitaires ou autres colonnes Morris, mais profite de la multiplication des supports : les écrans de télévisions bien sûr, les ordinateurs, les smartphones et tablettes. Elle est constamment relayée sur les réseaux sociaux. L’image est la représentation de quelqu’un ou de quelque chose. Dans l’art, elle est peinture, sculpture, photo, etc. C’est une illustration. Cette image est-elle le reflet de notre société ? Montre-t-elle toujours la diversité qui compose notre civilisation ou répond t-elle plus favorablement à des modèles relativement uniformes ? Les apparences sont-elles importantes aujourd’hui ?

Le corps – sa chair, sa sensualité – est constamment exhibé dans les images publiées à travers les publicités, les films ou au sein des réseaux sociaux. Alors comment se situe le corps de la fille ronde parmi toutes ces images  ? Sa différence la force à se confronter aux regards des autres, qui parfois peuvent-être guidés par des repères formatés. L’image, c’est aussi ce que renvoie le miroir. Mais si la fille ronde se raconte, c’est parce que le regard de l’autre la met face à son miroir, et la rend, elle aussi, dépendante de l’image qu’elle peut exposer. Reste t-elle prisonnière de son corps ou de son image ? Souhaite t-elle appartenir à un cliché fantasmé ou tente t-elle de faire disparaître les stéréotypes la concernant ? 

Mais le spectacle ne va pas tendre à démontrer qu’elle se raconte uniquement pour expliquer sa différence ; car différente, l’est-elle à ce point ? Ne témoigne t-elle pas d’une quête qui pourrait être celle de chacun d’entre nous, un accès concret à l’idée qu’on puisse se faire du bonheur ?

La mise en scène tentera de relater ces interrogations et le public aura toute liberté d’élaborer d’éventuels éléments de réponses. 

Julien Playe, Metteur en scène